01 novembre 2006

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Quelques mois plus tard, j’étais allongée sur le canapé, vraiment déprimé et je n’attendais plus rien de la vie (si, si à mon âge ça peut arriver). Raya n’en pouvait plus de me voir paresser toute la journée en pyjama sans même prendre la peine d’aller assister à me cours. Un soir elle a décidé qu’il était temps que je bouge et que j’arrête de me lamenter.

« Il ne reviendra pas tu sais. Ca fait des mois qu’on cherche et il n’a donné aucun signe de vie. Tu devrais laisser tomber et arrêter de pleurer sur ton sort.

- Facile à dire ! Tu t’es déjà fais abandonner par quelqu’un que tu aimais plus que tout au monde ?

- Je sais, je ne peux pas me mettre à ta place, mais crois-moi, je n’en peux vraiment plus de te voir là à rien faire. Il faut que tu sortes, que tu vois du monde. Tu ne peux pas continuer à vivre en ermite indéfiniment. Où est passé la Marina que j’ai connue ? Je ne te reconnais plus. Tu n’es plus que l’ombre de toi-même.  Ecoute, si il tenait vraiment à toi, tu crois qu’il serait parti ? Et quand bien même il l’aurait fait, ne t’aurait-il pas prévenue ? Et donné des nouvelles de temps en temps, juste pour te faire savoir qu’il va bien et qu’il reviendra bientôt ? Et là tu as quoi ? Rien du tout. Excuses-moi mais, et malgré tout l’estime que je peux lui porter, il a une drôle de définition de l’amour. Allez fais-moi plaisir, lèves-toi et vas t’habiller, sors un peu.»

Je sentais bien qu’elle avait raison mais je ne pouvais me résigner à la laisser gagner sur ce point. Pourtant je savais qu’il allait falloir que j’accepte la vérité.

« Si tu crois que c’est facile… Tu sais combien il comptait pour moi. Et savoir qu’il est parti sans même un adieu, sans même me prévenir, ça m’a blessée. Je suis cassée. Laisses-moi du temps pour me reconstruire, j’en ai besoin. Ca peut aussi bien être une question de jours, que de mois, voir d’années. Tu sais ce que c’est de se rendre compte que l’homme de ta vie vient de te filer entre les doigts et que tous les projets que tu avais en tête ne seront jamais une réalité ?

- Je connais un bon moyen pour te remettre sur pied. Une bonne coupe de cheveux et une sortie entre fille, »

Elle avait dit ça avec un des ces sourires dont elle avait le secret et dont je connaissais la signification, mais je n’avais pas envie de rentrer dans son jeu, pas ce soir.

« Tu crois vraiment qu’une coupe de cheveux va m’aider à me sentir mieux ?

- Ca marche très bien chez les autres après une rupture. Une nouvelle coupe de cheveux, un brin de shopping et on est prête à passer à autre chose.

- Tu rigoles j’espère ? Tu crois vraiment que je suis prête à passer à autre chose ou qu’un stupide coupe de cheveux va m’y aider.

- Tu sais très bien que je plaisante. Allez fais moi un sourire, juste un petit. Pour moi. »

Elle se heurta à un mur de glace.

« Bon, ok j’ai compris. Je sais que tu as perdu l’amour de ta vie, etc.…C’est dur, j’imagine bien envoyant le légume que tu es devenue…. Tu crois que je ne suis pas affectée par son départ moi aussi ? Si c’est le cas, tu te trompes. Seulement moi j’ai fais face et j’ai décidé que ça ne valait pas la peine d’arrêter de vivre. Et si tu crois que te voir comme ça ne me fait rien du tout, tu te trompes encore plus. Ecoutes Marina, tu es ma meilleure amie et c’est dur de te voir dans cet état. Je veux juste t’aider à te sentir mieux. Faisons un marché. On se la fait cette soirée entre fille et si jamais ça ne te change pas les idées je te laisserai agir comme tu le sens sans plus essayer de faire quoi que ce soit. Ca te va ? »

Ce qu’elle venait de dire m’avait touchée et j’étais en train de réaliser qu’effectivement je n’avais pas choisi la meilleure solution. Il était peut être encore temps de faire marche arrière et le meilleur moyen de le faire était encore d’accepter son petit marché. Ainsi je pouvais avoir l’air de le faire juste parce que je voulais cesser de discuter avec elle et non pas parce que j’étais sur le point d’admettre qu’elle avait raison et qu’il était temps que je me remettre à vivre.

« Bon alors t’attends quoi pour me la faire cette coupe, on a une sortie de prévue je crois bien.

- Marina, tu ne peux pas savoir à quel point tu me fais plaisir.

- Je te préviens si jamais ça se passe mal….

- Oui bien sûr, promis. Allez direction la salle de bain ! »

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Quelques heures plus tard, je pouvais enfin observer le résultats de son travail. Aussi bizarre que cela puisse paraître, en me voyant dans ce miroir avec cette nouvelle coiffure, je me sentais différente. Je savais bien que c’était moi dans ce miroir mais c’est comme si un poids en moi s’était en parti envolé. Comme si cette coiffure avait marqué le départ symbolique pour une nouvelle vie, l’arrivée d’une nouvelle moi. Je n’ai pas osé l’avouer à Raya sur le moment car cela lui aurait fait trop plaisir et elle aurait su qu’elle avait gagné cette bataille. Mais quand je lui ai raconté plus tard, elle n’a pas eu l’air étonné de savoir. Elle avait vu. J’ai encore du travail à faire dans le domaine de la dissimulation des sentiments. L’expression de mon visage me trahi pratiquement à tous les coups. Cela m’a déjà joué des tours, il est fort probable que cela arrive encore.
Quoi qu’il en soit une fois maquillées, coiffées, et parées de nos plus belles tenues, il était temps pour nous de sortir et d’aller nous « éclater » au centre ville. Raya avait choisi un endroit tranquille pour mon retour à la civilisation. La boîte s’appelait le Central. Un endroit sympa avec piste de danse, DJ, bar et restaurant sur la terrasse à l’étage. Nous avions mangé avant de partir, nous n’avons pas exploré cette partie du bâtiment. Par contre, au bout d’une heure j’aurais pu parfaitement dressé la liste des cocktails servies au bar. Bien sûr j’aurais d’abord du passer par une bonne nuit de sommeil et un bon mal de crâne avant de cela mais dans l’ensemble j’en aurais été capable. Raya a bien essayé de me dissuader de continuer à boire après les trois premiers verres mais ça a été plus fort que moi. Bon j’exagère en insinuant que j’étais complètement saoule à la fin de la soirée mais je voyais quand même les choses sous un autre œil, tout me paraissait beaucoup plus simple tout à coup.

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Raya voulait me faire sortir de ma coquille, je crois que ce soir là elle a bien réussi son coup. Certes, pas comme elle l’avait imaginé mais le principal est que j’ai fini par me détendre et par m’amuser.
C’est ce soir là que j’ai rencontré Romain. Il m’a gentiment invitée à danser lorsque les slows sont arrivés (je ne pensais même pas que ça existait encore) sans remarqué que j’étais un peu pompette (Pour quelqu’un qui ne me connaît pas, j’aurais pu juste paraître très extravertie mais sans réel signe de mon état). Le pauvre, je ne sais pas comment il a fait pour me supporter pendant tout le temps que la chanson a duré mais je me demande encore pourquoi il ne m’a pas envoyée balader après ça. Au contraire, il a été très patient avec moi et finalement, je ne sais par quel miracle, il a réussi à calmer le démon qui avait pris possession de mon corps. Tout à coup, je me suis calmée, j’avais l’esprit clair comme si l’alcool avait soudain cessé de faire effet mais que le simple fait de me retrouver dans les bras de cet homme suffisait à me faire oublier toutes les peines que j’avais connues jusqu’à présent. Il s’est avéré plus tard que tout ça a été beaucoup moins romantique que cela en a l’air. En fait, je m’étais tout simplement endormie dans ses bras. Il avait ensuite aidé Raya à me ramener à la résidence en parfait gentleman qu’il était. J’ai eu de la chance, j’aurais pu tomber sur quelqu’un qui m’aurait laissée dormir au milieu de la piste et qui serait parti sans demander son reste.

 

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Cette soirée m’a permis de me retrouver finalement. Non pas que j’ai complètement pansé mes blessures, mais j’avais fait une nouvelle rencontre qui me prenait tout mon temps. Curieuse de rencontrer l’homme sur qui je m’étais endormie et surtout pour m’excuser de ce comportement que je n’aurais pas classé dans la liste des choses à faire en soirée, je lui ai fixé un « rendez-vous » entre deux cours. J’ai découvert un homme charmant, je me sentais bien en sa compagnie. On a fini par se donner un autre rendez-vous, mais un vrai cette fois. Et le courant est plutôt bien passé, si bien qu’on a finit par sortir ensemble. A ce moment précis, Douglas était complètement sorti de ma tête et je ne pensais plus qu’à réussir mon diplôme, entre les soirées révisions et les soirées câlins avec mon homme.  Finalement j’avais cherché trop loin alors que celui qui me fallait était juste sous mon nez tout ce temps. En fait, il s’est avéré que nous avions plusieurs cours ensemble. Lui m’avait déjà remarquée mais moi trop fixée sur Douglas, je ne l’avais même pas ne serait-ce qu’aperçu. Pourtant, selon mes critères, il était plutôt bel homme. Plus ma vie sans mon meilleur ami avançait, plus je me rendais compte que mon amour pour lui m’avait tenue loin de beaucoup de choses que j’adorais faire.
Pendant cette période, mes recherches n’avancèrent pas beaucoup. Je n’avais ni le temps ni l’envie. Les contacts n’avaient rien donné et j’étais de nouveau au point mort. Aucune piste ne se présentait plus et l’espoir de retrouver la trace de qui ce soit était au plus bas niveau. Mais contrairement à ce que j’aurais pu penser quelques mois auparavant, cela ne m’affectait pas plus que ça. Sûrement l’effet « Après Douglas ».
Les examens finaux ont fini par arriver très vite pour chacun de nous. Raya et moi avions des projets pleins la tête. Nous avions décidé de nous acheter une petit maison à la campagne, loin de l’agitation de la ville, selon la version officielle. Mais la vrai raison était que les prix des logements à la périphérie étaient beaucoup moins élevés qu’en centre ville, mais s’avouer incapable de payer, s’était s’avouer fauchées. Au projet initial a fini par se greffer Romain notre relation semblant devenir de plus en plus séreuse. Nous avons fini par trouver la maison idéale, bien assez grande pour nous trois et abordable pour les jeunes diplômes que nous serions si tout se passait comme prévu. Mais nous y croyions dur comme fer, ayant travaillé dur pour y arriver.
Et puis est venu le temps de quitter la résidence, de laisser dernière nous le fantômes des années passées, de tourner la page et de passer à autre chose, avec notre diplôme en poche bien entendu. C’est n’est pas sans nostalgie que j’ai refermé la portière du taxi qui devait nous amener chez nous. 

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Et voilà où j’en suis maintenant. J’habite un petit pavillon de banlieue avec ma meilleure amie, mon petit ami et …mon bébé. Cela a été une réelle surprise pour tous mais un tellement bonne nouvelle. Le fruit de mon amour avec Romain. Car maintenant j’en suis sûre. Même si cela aurait pu m’apparaître inimaginable il y a un an, quand Douglas est parti, je suis retombée amoureuse. Certes, ce n’est pas la passion que je ressentais pour mon supposé meilleur ami, mais je sens que je serais prête à passer ma vie avec lui si il me le demandait. Finalement et contre toute attente, j’ai fini par oublier mon premier amour, comme si il n’avait jamais existé que sur les photos que je possède. J’ai cessé de me le représenter comme une personne réelle et il n’est plus qu’un lointain souvenir.
Mon avenir à partir de maintenant, c’est Romain et notre bébé. Certes c’est un accident mais c’est le plus bel accident qui pouvait m’arriver. Jamais je ne me suis sentie aussi épanouie qu’en ce moment. Raya dit que c’est normal, les femmes sont souvent très épanouies quand elle porte la vie. Il faut dire que c’est un statut assez spécial. Perpétuer l’espèce, assurer la survie de la race humaine…Ces gens ne savent pas de quoi il parle, ils ne savent pas ce que c’est d’avoir un petit être qui se développe et qui va finir par devenir mon enfant. C’est trop compliqué pour être expliqué avec des mots, d’ailleurs il n’existe pas les mots pour décrire ce que je ressens en ce moment.
Bien sûr, il y a des inconvénients dans cette grossesse mais c’est comme tout, il y a des mauvais et de bons côtés. Dans les mauvais, je mettrais la peur de perdre mon emploi. C’est que même si on veut nous le faire croire, être une jeune femme, ça aide pas pour trouver quelque chose, même bardée de diplômes. Et qui plus est peu après avoir trouvé ce qu’il me faut, je tombe enceinte. J’espère que mon employeur est un fervent défenseur de la parité. Mais je n’espère pas trop, la parité c’est une utopie, personne ne vivra assez vieux pour la vivre. Pour que cela fonctionne, il faudrait rééduquer la moitié des citoyens de SimState, ou passer par un lavage de cerveau. Comment voulez-vous effacer des millénaires de domination masculine ?
En tout cas, à la maison, c’est sûr c’est pas le mâle qui domine. Romain accepte bien la situation même si il a encore du mal à perdre ces habitudes de célibataire. Oui un homme en couple mais qui vit seul, ça a des habitudes de célibataires, vous ne le saviez pas ? Jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il est pris au piège en acceptant de venir vivre avec sa dulcinée. Le pauvre Romain s’est pris quelques claques (au sens figuré bien sûr) et les pendules ont été remises à l’heure plus d’une fois. Mais au bout de quelques mois, il a commencé à prendre le coup et tout est bien qui finit bien.
Pour tout le monde, y compris bébé n'est ce pas ?

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Commentaires sur Quelques mois plus tard, j’étais allongée sur le

  • Dis moi, qu'est-ce que le Romain de Marina première du nom vient faire ici ?! ( j'espère que c'est lui et que je ne me trompe pas )
    Et puis, moi, je sens que Doug il va revenir et que ça va être le bazar .. Ahahah .. j'adore ce genre de situation.
    En tout cas, les vacances se finissent dimanche soir, donc .. au boulot mon cher ! Au boulot !

    Aurélien

    Posté par Aurélien, 02 novembre 2006 à 11:01 | | Répondre
  • Alors là que de changements , mais je me demande la raison qui a poussé DOug à partir comme ça ...

    Je sens que tu ne reserves encore pas mal de surprises !

    Lili

    Posté par Gheliane, 02 novembre 2006 à 11:05 | | Répondre
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